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COMMUNIQUÉ DE PRESSE

« Rappeler à chaque électeur ce que notre foi nous invite à prendre en compte »

Entre les deux-tours des élections présidentielles, Monseigneur Georges Pontier, archevêque de Marseille, président de la Conférence des évêques de France répond aux questions fréquemment entendues depuis le premier tour.

On vous reproche de ne pas orienter clairement le vote des catholiques pour tel ou tel candidat. Que répondez-vous ?

Je constate que ces reproches viennent de tous côtés, des soutiens des deux candidats en lice pour le deuxième tour qui aimeraient que l’on choisisse leur candidat. Il y a aussi les partisans de l’abstention ou du vote blanc qui voudraient que l’on soutienne ce choix. Je comprends que l’on puisse être désorienté face à la tournure qu’ont pu prendre les débats. Il faut reconnaître qu’il est difficile de se forger une opinion dans ce climat hystérisé. Mais qu’est-il plus facile : dire de voter pour tel ou tel ou inviter à la réflexion et au discernement ? Dans cette ambiance, il me semble que le rôle de l’Église est, plus que jamais, de ne pas prendre parti pour l’un ou l’autre candidat mais de rappeler à chaque électeur ce que notre foi nous invite à prendre en compte. C’est ce que nous avons fait dès le soir du premier tour. L’Église est un acteur de notre société, elle y joue un rôle, le sien, différent de celui d’un groupe partisan : c’est ce rôle que nous avons rappelé. Il appartient alors à chacun d’exercer, en conscience, son discernement propre et de voter. Nous n’avons pas à le faire à sa place.L’Enseignement de l’Église nous dit qu’il est important de prendre en compte des critères que nous avons rappelés : le respect de la dignité de toute personne humaine, l’accueil de l’autre dans sa différence, l’importance de la famille et le respect de la filiation, la nécessité de respecter la liberté de conscience, l’ouverture au monde, la juste répartition des richesses, l’accès au travail, au logement… Aucun programme ne remplit tous ces critères. C’est donc à chacun, à la lumière de l’Évangile, d’effectuer sa propre pondération et de voter en conscience. Ne retenir qu’un seul critère ne peut suffire à fonder entièrement un vote.

Quel est le rôle et la responsabilité des évêques par rapport au vote des catholiques ?

Vous avez raison de dire : « vote des catholiques » car il n’y a pas de « vote catholique ». Chacun de mes frères évêques exerce sa mission et estime, en son âme et conscience, ce qu’il doit dire aux catholiques de son diocèse. Ils l’ont fait en 2002, ils sont nombreux à s’être exprimés depuis le premier tour, ce qui est heureux. C’est ainsi qu’ils exercent leur rôle et assument leur responsabilité auprès des catholiques. L’exercice de cette responsabilité façonne notre Église dont la richesse même est d’être faite d’opinions et de tendances variées. Les évêques sont aussi des pasteurs, responsables d’un peuple et tout en respectant sa diversité, ils doivent veiller sans cesse à son unité en lui rappelant que seul le Christ est notre sauveur et notre lumière. Nous ne nous ferons pas voler notre idéal par des passions passagères.

Est-il légitime de s’abstenir aujourd’hui ?

Je redis l’importance du vote… tant de peuples en sont privés ! Même si la tentation de l’abstention peut se comprendre comme l’expression d’une grande insatisfaction, il me paraît important de continuer à exercer sa responsabilité de citoyen. S’abstenir peut favoriser l’élection d’un candidat. Au second tour, la responsabilité du citoyen est grande. Elle ne peut pas se retirer. Il y a quand même des différences profondes entre les deux finalistes. Nous avons la chance d’être dans une démocratie, notre voix compte.

Des groupes de Chrétiens s’expriment. Représentent-ils la parole de l’Église ?

Des associations, des mouvements mais aussi des personnalités chrétiennes annoncent leur choix de vote ou indiquent des critères. En s’exprimant ainsi, ils ne représentent pas l’institution en tant que telle. Leur droit à prendre cette parole s’enracine précisément dans le fait qu’ils ne représentent qu’eux-mêmes. Ils font – et annoncent – le cheminement que nous proposons à chaque électeur : celui de connaître l’enseignement social de l’Église et de le prendre en compte au regard de sa propre liberté. La responsabilité du vote reste celle de chacun, seul dans l’isoloir face au choix.

Quel est le rôle de ces élections dans la vie politique française ?

Pour nous, chrétiens, ces élections sont un jalon très important de notre vie démocratique. Elles s’inscrivent dans un processus qui doit garantir la paix sociale, l’unité de notre nation, la prospérité au service de tous. Mais l’élection présidentielle ne saurait être considérée comme une fin en soi. Notre pays est aussi conduit par nos députés, nos sénateurs, nos élus locaux. Après ce scrutin, il faudra aussi s’intéresser aux suivants et continuer à participer à la vie démocratique. J’ajoute que la participation des chrétiens dans la vie de notre société se mesure aussi, chaque jour, dans de multiples engagements. Notre pays est aussi construit par ces millions de personnes qui s’engagent, souvent gratuitement, au service des autres. Ils montrent que notre devoir de citoyen ne s’arrête pas à la sortie du bureau de vote.

Comment vivez-vous cette situation politique ?

La position de la Conférence des évêques de France n’est pas simple. Il serait plus facile de donner une consigne de vote. Les évêques s’y refusent depuis 45 ans et il faut avouer que, bien souvent, ceux qui nous en demandent souhaitent qu’on leur dise ce qu’ils ont envie d’entendre. L’Église croit en la valeur du politique qui ne saurait se rabaisser à des invectives et des postures. L’injure, la déformation, l’instrumentalisation de propos ne sont pas dignes du débat. Nous l’avons dit avec force en octobre dernier dans le document du Conseil permanent : « Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique ». A-t-on, alors, été écoutés ? Après, il faudra sans doute que les politiques s’interrogent pour savoir comment nous en sommes arrivés à cette situation inédite où plus de 40% des français au premier tour ont voté pour des extrêmes. J’ajouterai en guise de conclusion une invitation à la confiance, à la fraternité, à la responsabilité. La devise de notre pays est belle : liberté, égalité, fraternité. Elle est entre nos mains de citoyens.

 

Communiqué en format PDF ...

 

ÉVANGILE : Edition du 13 août 2017

"  Ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux"

 Mt 14,22-23
 19ème dimanche du temps ordinaire

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Elections - 37 mouvements catholiques, s’engagent dans une déclaration commune : "Transformons la clameur du monde en espérance"
 
 
A la veille d’une échéance électorale cruciale, en tant qu’organisations et mouvements catholiques, nous souhaitons de nouveau participer au débat politique.
 
Nous entendons et nous partageons l’inquiétude légitime de certain-e-s de nos concitoyen-ne-s, compte tenu des situations souvent difficiles qu’ils vivent. Mais nous refusons de nous laisser instrumentaliser par ceux qui voudraient nous convaincre que nous ne pouvons pas construire ensemble l’avenir de notre pays.
 
Il est toujours possible, sans perdre son identité, de développer une politique plus respectueuse de la diversité et de la cohésion entre les territoires et de s’ouvrir à l’autre, à la richesse des différences, à ceux qui n’ont pas la même couleur de peau, la même origine sociale, le même sexe, la même langue, la même culture.
 
« L’autre est un don », soulignait le Pape François lors de son dernier message de Carême [1].
Comme nous l’avions rappelé avant le premier tour de l’élection [2], nous pensons que les solutions aux problèmes auxquels notre société est confrontée se trouvent dans l’ouverture, le dialogue et la participation de chacun de nous pour construire ensemble une France et une Europe plus ouvertes et plus justes dans un monde de droit et de dignité.
 
Les dizaines de milliers de bénévoles de nos organisations et mouvements sont témoins tous les jours que la réalité de la société française, ce sont des milliers d’actions concrètes qui construisent une planète plus solidaire et fraternelle. Ceci nous permet d’affirmer que l’acceptation de la diversité au sein de la République ne menace pas l’unité nationale. Elle ne remet pas en question l’existence d’une culture commune, de valeurs partagées, d’une même appartenance à l’Humanité.
A nos concitoyen-ne-s qui éprouvent déception ou désarroi devant les résultats du premier tour, nous voulons dire aujourd’hui que la clé réside dans notre capacité à dépasser nos peurs et à les transformer en une dynamique collective constructive. L’avenir de notre pays est ouvert, il ne tient qu’à nous de ne pas nous enfermer et d’agir librement, en conscience, pour le garder ouvert.
Comme l’affirmait la Conférence des évêques de France au lendemain du premier tour des élections, « aujourd’hui, le risque principal serait de renoncer à lutter pour l’avenir et de céder à la tentation du fatalisme » [3]. Croyants et non croyants, nous devons tous nous mobiliser pour mettre la diversité de nos talents au service de la société.
 
Nous, organisations et mouvements d’Eglise, avons vocation à prendre parti quand la dignité de l’homme est en question. Nous sommes bien dans notre rôle, lorsque nous proclamons que le monde d’aujourd’hui a moins besoin d’affrontements, de divisions et de fermetures que de bienveillance, de justice et de fraternité, cette fraternité qu’avec la liberté et l’égalité, la République nous demande de vivre.
 
A l’heure de faire un choix entre deux visions de la société, ne cédons pas à la tentation du repli sur soi, refusons de laisser instrumentaliser l’Evangile, recentrons le débat sur les vrais sujets et transformons la clameur du monde qui nous entoure en espérance. Réaffirmons notre foi en l’autre, « tout homme et tout l’homme », et en nos capacités à construire notre destin commun.

 

 
 
Action catholique des enfants (ACE), Action catholique des femmes, Action catholique des milieux indépendants (ACI), Action catholique ouvrière (ACO), Apprentis d’Auteuil, Association des cités du Secours catholique, CCFD-Terre Solidaire, Centre Catholique des Médecins Français, Centre de Recherche et d’Action Sociale (CERAS), Chrétiens dans le monde rural (CMR), Chrétiens dans l’Enseignement public (CdEP), Chrétiens en Forum, Communauté Mission de France, Communauté Vie Chrétienne (CVX), Confrontations (Association d’intellectuels chrétiens), Délégation catholique pour la coopération (DCC), Entrepreneurs et dirigeants chrétiens (EDC), Ethique et Investissement, Etudes, Fédération française des Equipes Saint-Vincent, Fondacio, Instituts religieux et solidarité internationale (IRSI), Jeunesse étudiante chrétienne (JEC), Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), JRS France, Justice et Paix, Mission de la Mer, Mouvement chrétien des cadres et dirigeants (MCC), Mouvement chrétien des retraités (MCR), Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC), Ordre de Malte France, Pax Christi, Scouts et Guides de France, Secours catholique - Caritas France, Semaines sociales de France, Vivre Ensemble l’Evangile Aujourd’hui, Vicariat pour la Solidarité de l’archidiocèse de Paris, Voir Ensemble.
 
[1] « La Parole est un don. L’autre est un don », message du Pape François pour le Carême 2017.
[2] « Pour une citoyenneté responsable et engagée », tribune signée par 28 organisations et mouvements catholiques – 13 avril 2017, La Croix.com.
[3] « Elections présidentielles : l’Église redit son rôle et rappelle ses fondamentaux », Conférence des Evêques de France– 23 avril 2017.

PRÉSENTATION DU MOUVEMENT


VEA "Vivre ensemble l’Évangile Aujourd’hui", Mouvement d'Action Catholique Générale, véritable lieu de vie, se veut au service de la Parole de Dieu à découvrir et à proposer avec tous ceux que nous côtoyons, aussi divers soient-ils. Dieu nous parle à travers les événements de notre vie. Pour nous aider à vivre ensemble à la lumière de l’Évangile, nous publions une revue mensuelle, le VE (Vivre Ensemble).

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REVUE VIVRE ENSEMBLE
VE n°401 - mai 2017

Notre revue est le fruit d'un travail collectif et bénévole. Elle permet réflexion, prière ainsi que de pouvoir porter un autre regard.

10 numéros d'octobre 2016 à septembre 2017

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Prochaine Assemblée Générale ordinaire et extraordinaire les 5 et 6 novembre 2016 à la Clarté Dieu, 91400 Orsay, "Jésus lui-même s'approcha, et il marchait avec eux"
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Croire que l'on est aimé dans l'obscurité
Rencontre diocésaine VEA Besançon

27 novembre 2016, 25330 Longeville